Un peu d'histoire
A l'origine, le Ségala est une terre pauvre du fait
de ses sols siliceux acides qui ne permettaient pas de cultiver
le froment.
Si on imagine le paysage agricole du Ségala il y a 150
ans, il y avait d'une part des plateaux qui étaient couverts
de landes et de bois, d'autre part des vallées ou se concentraient
l'habitat et les cultures car les sols y étaient plus
riches en alluvions. On cultivait le seigle, une culture moins
exigeante que le froment au niveau des sols. Ce seigle a donné son
nom à ce Pays : le Ségala.
Les rendements étaient très faibles et les Ségalis
très pauvres. La châtaigne puis la pomme de terre
(vers 1816 - 1817) sauvèrent plusieurs fois le Pays de
la disette. L'élevage aussi était médiocre,
les landes des plateaux et les jachères servaient de pâture.
Mais tout cela allait changer avec l'arrivée de la chaux
sur le Ségala qui permit d'amender les terres. Elle arriva
d'abord de Carmaux par l'intermédiaire de propriétaires
aisés (en raison du coût élevé du
transport).
En 1890, la crise agricole provoque un exode de population
important vers Paris et ceux qui restèrent se risquèrent à défricher
les plateaux et à abandonner les fonds de vallées,
qui aujourd'hui, sont gagnés par la forêt.
En 1902, avec la construction du viaduc ferroviaire du Viaur
et l'ouverture de la ligne Rodez-Carmaux, la chaux
peut arriver par trains entiers sur le Ségala et petit à petit,
le blé remplace le seigle.
Les rendements deviennent bien meilleurs et de nouveaux
engrais et cultures arrivent : pomme de terre, betterave,
maïs et trèfle. Vers 1930, c'est la mécanisation
de l'agriculture, enfin vers 1950-1960, on peut dire
du Ségala
qu'il fait partie des plus beaux terroirs agricoles de
la France méridionale. C'est une véritable transformation
qu'ont subit les paysages avec la révolution agricole associée à la
révolution des transports.  |